| Intro | French serial killer |
| Was |
Murderer Criminal Serial killer Sports shooter |
| From | France |
| Type |
Crime Sports |
| Gender | male |
| Birth | 1929, Hyères, canton of La Crau, arrondissement of Toulon, Var |
| Death |
19 November 2007, Hyères, canton of La Crau, arrondissement of Toulon, Var (aged 78 years) |
Albert Millet, né le 2 juillet 1929 à Hyères (Var) et mort le 19 novembre 2007 dans la même ville, est un tueur en série français, surnommé « Le sanglier des Maures »,,.
À Hyères dans le Var, il a tué deux femmes en 1954, puis en 1979, ainsi qu’un homme en 2007.
Biographie
Albert Millet est né en 1929 à Hyères. Il est battu par son père alcoolique et délaissé par une mère volage. Il abandonne sa scolarité à l’âge de 14 ans. Il connait très bien le château en ruines qui surplombe la ville, ainsi que le maquis qui l’entoure. Il s’y réfugiera notamment pour se cacher après chacun de ses forfaits. Il effectue son service militaire à Tataouine en Tunisie, et occupe le poste de tireur d’élite. Il en restera passionné par les armes.
Il s’illustre très vite sur le plan judiciaire ː
- en 1948, il est condamné deux fois à un mois de prison pour vol ;
- en 1948, il est à nouveau condamné deux fois pour vols ;
- en 1950, il est mêlé à des affaires de vol, de violence sur gendarme et de détention d’arme de guerre.
Le 5 juin 1951, il tente de tirer avec un fusil sur un Algérien. Il est interpellé par les policiers dans le maquis où il s’est caché avec son fusil.
Les faits
Début 1954, à Hyères Albert Millet rencontre une jeune fille de 15 ans à la salle de bal, Paulette Dogliotti. Il en tombe éperdument amoureux. Paulette, qui est élevée par sa tante, Élisa Maggiorana, occupe un poste de domestique. Millet l’attend tous les soirs aux environs de 21 h devant la maison de ses employeurs, quand elle transporte la poubelle métallique pour la mettre sur le trottoir.
Élisa désapprouve la liaison de Paulette avec Millet à cause de sa passion pour les armes et des condamnations qu’il a déjà eues. Elle considère également que Paulette est trop jeune pour cette relation. Élisa leur interdit alors de se fréquenter, et Paulette se range à la décision de sa tante.
En mars 1954, à Hyères, Élisa boit un verre dans un bar avec son fiancé. Millet entre dans le bar et l’apostrophe mais cette dernière lui ordonne de ne plus s’approcher de Paulette. La conversation s’envenime, si bien qu’elle le gifle devant l’assemblée. Le fiancé jette Millet hors du bar. D’un ton calme, Millet émet des menaces de mort envers Élisa et Paulette.
Le 28 mars 1954, alors que Paulette sort la poubelle comme chaque soir, Millet sort son pistolet lui tire dessus. Elle en sort miraculeusement indemne, la poubelle métallique ayant fait office de bouclier. Millet se cache alors dans le maquis et Élisa dépose plainte contre lui.
Le 3 avril 1954, à 17 h environ, Élisa Maggiorana est assise près de l’arrêt de bus devant le magasin Aux Dames de France. Millet traverse la rue, droit vers elle et lui tire dans la tête. Elle meurt presque instantanément. Il part à nouveau se cacher dans le maquis qu’il connait par cœur, gagnant à cette occasion le surnom de « sanglier des Maures » .
Les policiers finissent par le repérer le lendemain à la gare. Il est abattu de trois balles dans le crâne. Il tombe dans le coma mais survit miraculeusement.
Son surnom “Pierrot” vient de l’analogie avec Pierrot le fou.
Procès, condamnation et incarcération
Le 30 septembre 1955, le procès d’Albert Millet débute à la Cour d’assises du Var à Draguignan. La défense de Millet est assurée par Maître Aymé Perrimond. Millet reconnait les faits, mais nie la préméditation. Il affirme avoir tiré volontairement dans la poubelle pour faire peur à Paulette et fait valoir qu’en tant qu’ancien tireur d’élite, s’il avait réellement visé Paulette, il ne l’aurait pas ratée. Concernant Élisa, il affirme qu’il voulait qu’elle vienne avec lui au commissariat pour qu’elle retire sa plainte. Mais il a eu peur quand elle a hurlé dès qu’elle l’a vu.
Millet est condamné à la peine de mort. Il est incarcéré à la Prison des Baumettes à Marseille. Il se pourvoit en cassation, la cour de cassation annule sa condamnation à mort pour vice de forme.
En 1956, le nouveau procès se déroule à la Cour d’assises des Alpes-Maritimes de Nice. Albert Millet est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il est alors incarcéré dans la Prison de Fresnes, puis la Prison de Château-Thierry, et à la Prison de Clairvaux, prisons dans lesquelles les conditions de détention sont les plus dures. Durant sa détention, il se comportera comme un détenu modèle. Le 12 juillet 1968, sa peine est commuée en 20 ans de réclusion.
Pendant sa captivité, il entretient une correspondance avec l’épouse d’un de ses amis, Fernande “Nande” Valentin. Elle est aide-soignante à l’hôpital San Salvadour. Elle lui rend visite au parloir de la prison. Ils entament alors une relation qui se concrétise après le divorce de Fernande.
Libération et nouveau crime
Le 10 juillet 1973, Albert Millet obtient une libération conditionnelle.
En août 1973, comme promis, il épouse Fernande. Ils emménagent alors au 5 rue de la Croix à Hyères. Il dit que Fernande est « une sainte ». Il ne touche aux armes à feu que pour aller à la chasse. Les deux mariés sont heureux ensemble. Fernande tient impeccablement le foyer. Millet participe cependant très peu aux travaux ménagers, n’a pas d’emploi, mais effectue des petits travaux de jardinage non déclarés. Chaque mois, il respecte son obligation et pointe au commissariat pour signer son autorisation de séjour.
Le soir après son travail à l’hôpital, Fernande effectue des ménages pour compléter les revenus, le ménage ne roulant pas sur l’or. Au fil des années, Millet devient possessif, méfiant, espionne Fernande et la soupçonne d’avoir un amant. De son côté, cette dernière se plaint qu’il veut avoir des relations sexuelles trop souvent et qu’il l’empêche de dormir.
Après 22 h le 12 juin 1979, Fernande lui dit qu’elle ne veut plus qu’il dorme dans le lit, mais sur le canapé. Elle lui lance qu’elle ne ne veut plus entretenir un époux qui ne fait presque rien de ses journées. Comme elle ne veut pas qu’il se retrouve démuni après la séparation et tenant toujours à lui, elle lui signe un chèque de 20 000 francs pour qu’il prenne un nouveau départ. Millet se sent alors humilié.
À 5 h du matin le 13 juin 1979, Millet poignarde Fernande avec une dague, dont deux coups atteindront le cœur. Millet se barricade dans la maison et s’alcoolise. Un peu après 9 h, il est totalement ivre et tire des coups de feu dans toutes les directions par la fenêtre de sa chambre. La maison est rapidement cernée par les policiers. Il jette des objets par la fenêtre. Il avoue son crime à la police, criant « j’ai tué une sainte », et dit qu’il veut se suicider. Après environ quatre heures de négociations avec des amis et le curé, Millet est finalement maîtrisé par les policiers.
En garde à vue, Millet déclare qu’après avoir tué son épouse, il avait décidé de se suicider dans le maquis avec son pistolet. Il a emporté son dobermann en promenade. Mais en chemin il a changé d’avis et a frappé la chienne, qui s’est enfuie. Pendant sa garde à vue, il demande à parler au Commissaire, dont le bureau se situe au deuxième étage, et tente de se suicider en sautant du palier dans la cage d’escaliers du commissariat. Les policiers le rattrapent en vol au premier étage. Dans le cadre de l’enquête, les policiers demandent l’ouverture du casier de Fernande à l’hôpital où elle travaillait. Ces derniers trouvent des brouillons d’une lettre de rupture qui n’était pas adressée à Millet, mais à un amant infidèle, ce qui laisse à penser que Millet avait dû sentir que son épouse lui échappait.
Quelques jours plus tard, le cadavre d’une chienne dobermann est découvert avec une pierre autour du cou dans un puits par un berger qui cache sa découverte, par crainte de Millet.
Procès, condamnation et incarcération
Le 11 mai 1981, le procès d’Albert Millet débute à la Cour d’assises du Var à Draguignan. La famille de Fernande affirme qu’il n’est pas logique que la chienne se soit enfuie ː elle se serait réfugiée chez eux, et elle aurait défendu sa maîtresse si elle avait vu Millet lui faire du mal. Ils sont persuadés que l’accusé a tué la chienne avant, et par conséquent qu’il avait prémédité le meurtre de Fernande et que le crime est donc un assassinat.
Millet qui plaide le crime passionnel est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, les jurés n’ayant pas retenu la préméditation. C’est à nouveau un détenu modèle. Sa peine est finalement commuée en 22 ans de réclusion. Il ne bénéficie d’aucun accompagnement psychologique. Il travaille pendant sa détention, et se constitue une épargne d’environ 300 000 francs de l’époque. Il bénéficie également de permissions de sortie, pendant lesquelles il séjourne dans une chambre d’un petit hôtel à Nice.
En juin 2001, au cours de sa quatrième permission de sortie, il rencontre une dénommée Gisèle à la terrasse d’un café. Il lui avoue tout son parcours criminel. Elle lui raconte qu’elle n’a qu’une pension d’invalidité comme revenus, qu’elle la dépense au casino et qu’elle est endettée. Elle l’invite à passer la nuit, au 3 avenue du Patrimoine, dans le petit appartement de deux pièces qu’elle possède.
Libération
En décembre 2001, Albert Millet obtient une libération conditionnelle. Il part alors habiter dans l’appartement de Gisèle. D’après elle, il a de grands besoins sexuels, ce qu’elle apprécie dans un premier temps. C’est également lui qui effectue les tâches ménagères. Il lui fait de nombreux cadeaux (bijoux, vêtements…), et lui donne d’importantes sommes d’argent.
L’agent de probation de Millet s’inquiète de la vitesse à laquelle disparaissent les économies de celui-ci et redoute qu’il soit en train de se faire escroquer. Millet lui répond qu’il en est parfaitement conscient et qu’il est tout a fait consentant. Millet contacte Maître Thierry Perrimond, le fils de son premier avocat, Aymé Perrimond étant mort pendant sa détention. Millet avait confié sa fortune personnelle (louis d’or, montres, bijoux…) à son avocat, qui l’avait placée dans le coffre-fort d’une banque à Toulon. Après une petite frayeur due à l’ouverture d’un mauvais casier, Maître Thierry Perrimond lui restitue ses biens.
Rapidement, Gisèle trouve Millet trop possessif et se sent surveillée par lui. Elle lui annonce par écrit qu’il doit partir de chez elle, et que leur relation prendra fin le 15 février 2002. Millet tente de l’amadouer et lui dit qu’il a caché un trésor dans le maquis près de Hyères, comprenant entre autres douze lingots d’or. Il lui propose de lui en donner la majeure partie, en échange de pouvoir rester avec elle. Elle demande à voir ce trésor avant de donner une réponse.
Le 12 février 2002, ils se rendent en train à Hyères. Millet achète un piolet d’escalade. Un taxi les dépose au chemin du Fenouillet, dans un lieu désert que Millet dit être celui où il a caché son trésor. Il commence à gratter le sol derrière les rochers avec son piolet. Gisèle réalise qu’il peut facilement la tuer en toute discrétion ici, elle panique, retourne sur la route, stoppe la première voiture. Le conducteur emporte Albert et Gisèle à la gare d’où ils repartent pour Nice, où Gisèle abandonne Millet.
Le 13 février 2002, Millet recontacte Gisèle et lui propose 10 000 francs pour pouvoir revenir vivre avec elle. Elle accepte, mais le 17 février 2002, elle lui dit de partir définitivement. Il passe quand même la nuit chez elle.
Au petit matin du 18 février 2002, Gisèle est dans son lit, Millet la frappe d’un coup de couteau de cuisine. Ils luttent, elle est coupée sous le menton. Il tente de la secourir. Elle lui dit de partir, ce qu’il fait. Elle appelle les secours qui l’emportent à l’hôpital saint Roch. Sa blessure est sans gravité. Millet se rend à l’hôpital peu après pour avoir des nouvelles de Gisèle, puis il va au bureau de son agent de probation, où il se constitue prisonnier. Il déclare n’avoir jamais eu l’intention de tuer Gisèle.
Procès, condamnation et incarcération
Le procès d’Albert Millet pour la tentative de meurtre sur Gisèle à lieu au tribunal correctionnel. La défense de Millet est assurée par Maître Mireille Damiano, Maître Sandrine Setton étant l’avocate de Gisèle. Millet est condamné à sept ans de prison, mais fait appel de sa condamnation. Lors du procès en appel, sa condamnation est confirmée.
Libération, nouveau crime et suicide
En août 2007, Albert Millet est libéré. Il dispose de 30 000 euros d’économies. Il s’installe dans la chambre 4 de l’Hôtel du Soleil, à Hyères. Il fait connaissance avec sa voisine Chantal, qui loge au 1 rue Neuve. Il l’a aperçue de la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Chantal est dépressive et a des soucis financiers. Il finit par s’installer chez elle et paye une partie du loyer. Il lui fait des cadeaux (une voiture…) et l’invite à manger au restaurant. Mais Millet est contrarié, car Chantal a un ami qui vient presque tous les jours dans leur appartement, Christian Fernandez, âgé de 41 ans. Elle lui offre l’apéritif et le repas alors que c’est Millet qui finance. Ils se disputent à ce sujet. Millet reprend sa chambre à l’hôtel et décide que Chantal doit lui rembourser une partie de son argent, soit plusieurs milliers d’euros.
Le 18 novembre 2007, Millet passe la nuit chez Chantal et insiste pour qu’ils soient seuls. Chantal ne lui obéit pas et invite Christian. Millet se couche, se relève, descend se plaindre du bruit, se recouche plusieurs fois de suite.
Le 19 novembre 2007, à 3H00 du matin, Millet, se relève et redescend. Christian l’invite à boire un verre avec eux. Millet, se sentant insulté, quitte la maison en disant qu’il va revenir armé. Christian ne prend pas sa menace au sérieux. Un peu plus tard, Millet frappe à la porte de la maison et demande calmement à entrer. Chantal ouvre la porte, il entre et tire une balle dans la cuisse de Chantal. Christian s’interpose et meurt sur le coup, abattu de trois balles. Millet s’enfuit et se cache dans le maquis. Mais le Sanglier des Maures a pris de l’âge et n’a plus ses jambes de 20 ans pour pouvoir échapper aux gendarmes. À environ 16 h 45, dans la montée de Noailles, Millet aperçoit les policiers et se suicide en se tirant une balle dans la tête.
Liste des victimes connues
| Date | Identité | Âge | Lieu |
|---|---|---|---|
| 28 mars 1954 | Paulette Dogliotti | 15 | Hyères |
| 3 avril 1954 | Élisa Maggiorana | 27 | Hyères |
| 13 juin 1979 | Fernande Valentin | la quarantaine | Hyères |
| 18 février 2002 | Gisèle | la cinquantaine | Nice |
| 19 novembre 2007 | Chantal | la cinquantaine | Hyères |
| Christian Fernandez | 41 |
Notes et références
Bibliographie
- Didier Fabre, La trajectoire sanglante d’Albert Millet, l’autre Pierrot le fou, Presses du Midi, octobre 2011 (ISBN 2-8127-0283-4)
Documentaire télévisé
- « Albert Millet, Le sanglier des Maures » le 11 décembre 2011 et 16 décembre 2012 dans Faites entrer l’accusé présenté par Frédérique Lantieri sur France 2.
Émissions radiophoniques
- « Albert Millet, le sanglier des Maures » le 26 novembre 2014 dans L’Heure du crime de Jacques Pradel sur RTL
- « Albert Millet, le sanglier des Maures » le 15 novembre 2016 dans Hondelatte raconte de Christophe Hondelatte sur Europe 1
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